La p'tite famille mais aussi les travaux entrepris dans notre maison et d'autres choses...
Le sommet de la Soufrière - photo Camile Roux
La première demie heure nous avons marché dans la forêt tropicale (c’est beau) sur un sentier pavé, puis nous sommes arrivés à un premier pallier découvert d'où on eut voir le volcan quand il n’est pas sous les nuages… (première photo). Comme la vue était bien bouchée, je me suis concentrée sur la végétation et je n’étais pas la seule, en même temps que nous il y avait trois personnes qui montaient et l’une des dames photographiait tout, absolument toutes les plantes qu’elle voyait !!! Alors là bas, c’est le royaume de la mousse : de toutes les formes et de toutes les couleurs allant du vert tendre au noir, en passant par l’orange. Il y a aussi quelques violettes, des ananas montagne, des fougères géantes et mille et autres choses que je n'ai pas su identifier.
On a commencé à monter sérieusement dans un sentier de montagne, on avait parfois des éclaircies de nuages qui nous permettait de voir la cote et la mer : un trou de couleurs bleues avec des taches de blanc et de rouge (les maisons) au milieu de la grisaille des nuages qui nous enveloppaient, ça faisait comme un décor de théâtre qui se dévoile puis se referme, des petites fenêtres sur la vie en bas, alors que nous grimpions dans le gris, l’humidité et les odeurs de soufre.
On a monté, monté. A un moment Alix a voulu quitter le sac. On a été obligés de la sortir, mais elle s'est vite rendue compte qu’elle ne pouvait pas vraiment marcher toute seule. Elle a ramassé des cailloux et m’en a mis plein les poches (c’est pas ma fille pour rien !).
On la remise dans le sac à dos. Elle a été sympa et est restée sage jusqu’en haut. Pourtant les 10 dernières minutes n'étaient pas évidentes. Il a fallu s’aider des mains, surtout que le terrain était très glissant. Nico en a bavé, mais on y est arrivé.
On est arrivés au sommet dans le brouillard le plus complet, chargé de grosses gouttes (pas marrant pour qui porte des lunettes), on avait aucune vue, mais l’ambiance était spéciale : le vent soufflait par rafales, on était trempés, fatigués mais supers contents d’être là. On a trouvé un petit abri où on s’est réfugié un moment pour manger un morceau et boire. On a vu passer quelques personnes, qui sont toutes venues papoter avec nous, c’était très sympa. On a même retrouvé nos voisins du gîte.
Puis nous sommes allés affronter les éléments, nous avons fait les quelques mètres jusqu’au sommet (1467 m) là nous avons rencontré deux jeunes qui nous ont pris en photo. Le vent était terrible, j’ai été obligée de m’accroupir pour ne pas me sentir emportée, même chose pour Nico qui se sentait déséquilibré avec le sac et la petite dans le dos. Alix est restée stoïque, elle rognait son biscuit et ça l’occupait. Dans ces conditions, on s’est sentis un peu mal et on a décidé de ne pas faire le tour du sommet (qui passe par les différents cratères). On a commencé à redescendre. Là, nous étions un peu à l’abri du vent et on a vu un sentier qui partait en direction des cratères, on a voulu aller voir et on a pas regretté. Malgré le brouillard, l’humidité, le vent, on a bien vu les fumerolles et même un jet de gaz qui s’échappait en faisant un grondement impressionnant. Nous ne sommes pas restés trop longtemps à cause des gaz nocifs, mais ça valait la peine.
Pour la descente Nico était un peu inquiet surtout pour la première partie périlleuse, tous ceux qu’on a croisé nous souhaitaient bon courage… il a fait très attention, quelques passages pieds, mains et fesses par terre et hop ! on était revenus sur le sentier praticable. Pendant ce temps là Alix était devenue amorphe, genre « poupée molle ». Ca m’a fait flipper, j’ai commencer à imaginer qu’elle avait inhalé des gaz qui lui avaient retourné le cerveau (je pense toujours au pire) mais elle était simplement fatiguée et a dormi toute la descente.
Celle-ci s’est faite presque sous le soleil. Le temps s’est considérablement amélioré en quelques minutes, impressionnant. Après le pique-nique en cours de route, nous avons terminé la balade dans les bains chauds qui sont à côté du point de départ. Un vrai délice !
c’était vraiment chouette malgré les conditions météo, il y avait cette ambiance « fin du monde », toutes ces émotions (va t’on y arriver ? la peur au sommet quand j’ai cru partir dans une bourrasque, être impressionnée par les cratères et jet de gaz). Et puis on était fiers d’y être arrivé avec Alix, enfin c’est surtout Nico qui a le mérite de l’avoir montée là haut.